Les régimes « paléo » – danger !

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Deux vidéos de décryptage des études scientifiques à propos des régimes de type paléo. Activez les sous-titres français. Pour ceux qui préfèrent lire, les transcriptions sont disponibles dans cet article.

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Les régimes paléo neutraliseraient les bénéfices du sport

Source : http://nutritionfacts.org/video/paleo-diets-may-negate-benefits-of-exercise/

Le problème de l’argument de l’alimentation paléo

Source : http://nutritionfacts.org/video/the-problem-with-the-paleo-diet-argument/

Transcriptions : 

Les régimes paléo neutraliseraient les bénéfices du sport

Les régimes paléo et pauvres en glucides se justifient généralement par l’insuline. Pour citer un bloggeur au hasard, « Les glucides augmentent l’insuline, la cause de tous les maux en termes de nutrition et de santé. »

Comme les glucides élèveraient l’insuline, il faudrait privilégier la viande, faite de graisses et de protéines.

Pas de glucides, donc pas de hausse d’insuline, n’est-ce pas ? Faux. Nous savons depuis 50 ans que si quelqu’un mange juste un steak, sans glucides, ni sucre, ni amidon, alors son insuline monte. Les glucides font monter l’insuline, mais aussi les protéines.

En 1997, un indice d’insuline des aliments a été publié, classant 38 aliments qui stimulent l’élévation du niveau d’insuline (On parle d’indice insulinique ici, pas d’indice glycémique). À votre avis, lequel cause le plus grand pic d’insuline, une grande pomme et tout son sucre, un bol de porridge plein de glucides, un bol et demi de pâtes à la farine blanche, un grand steak haché dépourvu de glucides ou un demi filet de saumon ? Qu’en pensez-vous ? La réponse est la viande.

Les données ultérieures à cette étude sur le bœuf et le poisson indiquent qu’il y a peu de différence entre le pic d’insuline du bœuf et celui du poulet ou du porc. Ils sont tous aussi élevés. Donc les aliments riches en protéines et en graisses peuvent induire une forte sécrétion d’insuline. En fait, les protéines de la viande causent une libération d’insuline aussi forte que le sucre pur.

Donc selon leurs propres critères, s’ils croient que l’insuline est la cause de tous les maux,

alors les paléos et les anti-glucides mangeraient tous les jours de grands bols de spaghettis avant de toucher à de la viande.

Oui, avoir de l’hyperinsulinisme, trop d’insuline dans le sang, comme ont ceux qui ont un diabète de type 2, c’est mauvais, et peut augmenter le risque de cancer d’environ 10 %.

Si les paléos et les anti-glucides suivent leur théorie sur l’importance de l’insuline, ils feraient l’apologie du végétarisme, les niveaux l’insuline des végétariens étant bien plus bas à poids équivalent. Ceci est vrai pour les ovo-lacto-végétariens, les lacto-végétariens et les végétaliens.

Les mangeurs de viande ont des niveaux d’insuline jusqu’à 50 % plus élevés.

Si quelqu’un devient végétalien, peu importe son sexe, âge et poids, alors son niveau d’insuline baisse considérablement en seulement 3 semaines avec ce type d’alimentation végétalienne saine. Si ensuite on rajoute des blancs d’œufs dans son alimentation, cela augmente la production d’insuline de 60 % en 4 jours.

Si l’on double les apports de glucides dans l’alimentation de personnes, alors leur niveau d’insuline baisse. Pourquoi ? Car on ne les a pas nourris de bonbons et de gâteaux sucrés, mais d’aliments végétaux complets, beaucoup de céréales complètes, de haricots, de fruits et de légumes.

Et si quelqu’un se met à manger très peu de glucides, par ex. un régime Atkins ? Les anti-glucides ont supposé que ceci abaisserait les niveaux d’insuline. Le Dr Westman est le nouveau Dr Atkins après que le vieux Dr Atkins est mort en surpoids avec, d’après le légiste, des antécédents de crise cardiaque, d’insuffisance cardiaque congestive et d’hypertension. Mais le Dr Westman avait tort. Pas de baisse significative des niveaux d’insuline avec les régimes très pauvres en glucides.

Ils ont obtenu une hausse significative de leurs niveaux de cholestérol LDL, le facteur de risque n° 1 pour notre tueur n° 1 : les maladies cardiaques.

J’admets qu’Atkins est une cible facile. Peu importe le nombre de nouveaux régimes Atkins revisités, ce n’est pas du nouveau.

Et le régime paléo ? Le mouvement paléo a raison à bien des égards. Il préconise de bannir les laitages et la malbouffe, et de manger beaucoup de fruits, noix et légumes.

Mais cette nouvelle étude a de quoi faire peur. De nombreux jeunes en bonne santé ont adopté un régime paléolithique, ainsi qu’un programme de sport Crossfit, avec des circuits à haute intensité. Si l’on perd suffisamment de poids par le sport on peut faire baisser provisoirement le niveau de cholestérol peu importe notre alimentation. Vous voyez qu’avec une gastroplastie, une tuberculose, une chimio, ou une cocaïnomanie, toute perte de poids peut faire baisser le cholestérol, ce qui rend ces résultats d’autant plus troublants. Dix semaines d’entraînement intense et de perte de poids, et pourtant le cholestérol LDL a monté. C’était encore pire pour ceux qui étaient en meilleure santé au départ. Ceux qui ont commencé avec d’excellents niveaux LDL, sous 70, ont eu une élévation de LDL de 20 %, et leur HDL a chuté.

Le sport est censé augmenter le bon cholestérol, pas le diminuer.

L’effet délétère du régime paléo sur les lipides sanguins neutralise même les améliorations couramment constatées avec une amélioration de l’activité physique et de la composition corporelle. Le sport est censé améliorer les choses. Si quelqu’un devient végétalien et se lance dans un modeste programme sportif (surtout de la marche), en 3 semaines son mauvais cholestérol peut baisser de 20 %, et son niveau d’insuline de 30 %, malgré une alimentation comprenant 75 à 80 % de glucides alors que les régimes « paléo » semblent neutraliser les effets positifs du sport.

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Le problème de l’argument de l’alimentation paléo

Les maladies liées à l’alimentation ont suscité de nombreuses recherches sur ce que les humains sont censés manger pour être en bonne santé. Un article influent a été publié en 1985 proposant que nos maladies chroniques sont dues à une déconnexion entre l’évolution de notre alimentation à l’Âge de Pierre ces 2 derniers millions d’années et ce dont nous nous gavons aujourd’hui, en plaidant pour un retour vers un régime de type chasseur-cueilleur constitué de viande maigre, de fruits, de légumes et de noix.

Nos besoins nutritionnels se seraient établis lors de notre passé préhistoire, la question de quel passé préhistorique subsiste. Pourquoi les 2 derniers millions ? Nous avons évolué 25 millions d’années depuis notre ancêtre primate, temps pendant lequel ont été établis nos besoins nutritionnels et notre physiologie digestive, et donc probablement peu altérés par nos jours de chasseur-cueilleur tout à la fin.

Que mangions-nous pendant 90 % de notre évolution ? Comme les grands singes au final : au moins 95 % de plantes. Ceci expliquerait pourquoi nous sommes si sensibles aux cardiopathies.

Durant la majorité de l’évolution humaine, le cholestérol aurait été quasiment absent de l’alimentation. Ni lard, ni beurre, ni graisses trans, mais d’importantes quantités de fibres, qui font sortir le cholestérol du corps.

Ceci pourrait poser problème car notre corps a besoin d’une certaine quantité de cholestérol, donc notre corps n’a pas évolué juste pour faire du cholestérol, mais pour le recycler et le conserver.

Si on place le corps humain, machine à conserver le cholestérol, dans le monde moderne de la viande, des œufs, du fromage et des pâtisseries, forcément les maladies cardiovasculaires sont la cause de décès numéro un. Cette caractéristique si adaptative pendant 90 % de notre évolution, de garder le cholestérol à tout prix car notre alimentation en est pauvre, est inadaptée de nos jours, un handicap qui conduit à l’obstruction de nos artères. Notre corps ne le supporte pas.

Le directeur de l’American Journal of Cardiology a constaté il y a 25 ans que peu importe les apports en graisse et en cholestérol, les carnivores n’ont pas d’athérosclérose. Un chien peut manger l’équivalent en cholestérol de 500 œufs et d’une plaquette de beurre et remuer la queue ; leur corps qui a évolué depuis les loups est habitué à manger et se débarrasser de l’excès de cholestérol alors qu’en quelques mois, une fraction de ce cholestérol peut commencer à boucher les artères d’animaux adaptés à une alimentation plus végétale.

Même si la sélection naturelle a conçu notre corps pour manger principalement fruits, feuilles et graines pendant 90 % de notre évolution, pourquoi ne nous sommes-nous pas mieux adaptés à la consommation de viande dans les derniers 10 %, lors du Paléolithique ? Nous avions 2 millions d’années pour nous habituer à cet ajout de graisse saturée et de cholestérol. Si toute une vie à manger ainsi nous bouche les artères à presque tous, pourquoi les gènes des victimes de crise cardiaque n’ont-ils pas disparu et été remplacés par ceux qui ont vieilli avec des artères propres peu importe ce qu’ils mangeaient ?

Car la plupart ne survivaient pas jusqu’à un âge avancé, ils ne vivaient pas assez longtemps pour avoir une crise cardiaque. Comme l’espérance de vie était de 25 ans, les gènes transmis étaient ceux des humains survivant jusqu’à l’âge de procréer par tous les moyens, ce qui implique de ne pas mourir de faim donc plus les aliments sont caloriques, mieux c’est.

Donc manger beaucoup de moelle et de cerveaux, humains et autres, aurait été un avantage sélectif, tout comme découvrir une réserve trans-temporelle de biscuits. Si nous devions vivre juste assez pour mener nos enfants à la puberté pour transmettre nos gènes, alors nous n’aurions pas eu besoin de développer de protections contre les ravages des maladies chroniques.

Pour trouver une population quasiment épargnée par les maladies chroniques à un âge avancé, inutile de revenir un million d’années en arrière. Au XXe siècle, des réseaux de dispensaires en Afrique rurale ont constaté que les coronaropathies étaient presque absentes, non seulement les maladies cardiaques, mais aussi l’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète, les cancers courants, etc. D’une certaine façon, ces populations rurales chinoises et africaines avaient le type d’alimentation que nous avions pendant 90 % des 20 derniers millions d’années : une alimentation presque exclusivement végétale. Comment savoir si c’était leur régime qui les protégeait et pas autre chose ?

25 ans après la publication originale sur le régime paléolithique, la mise à jour a tenté une clarification et ils proposent maintenant que nous adoptions une alimentation particulière basée simplement sur celle de nos ancêtres.

Les recommandations nutritionnelles doivent être mises à l’épreuve. Voilà pourquoi la recherche pionnière de Pritikin, Ornish et Esselstyn est si importante, montrant que l’alimentation végétale peut stopper les maladies cardiaques il s’est avéré qu’elle peut les enrayer chez la plupart des patients. D’ailleurs, c’est la seule alimentation qui l’ait jamais fait. Peut-être car c’est ce que nous mangions durant l’immense majorité de notre évolution.

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6 commentaires pour Les régimes « paléo » – danger !

  1. Anonyme dit :

    Je sais pas ou tu a trouver t’es source… Mais la plus part des viande (poulet, bœuf etc…) on un IG de 0…

  2. james dit :

    alors, dire qu’il y a beaucoup de recherche sur les maladies liées à l’alimentation, hum, c’est que tu ne dois pas être concerné. Et puis citer une étude de 1985… un peu dépassé, non? depuis on a fait des découvertes majeures sur le microbiote intestinal, tu ne savais pas? … Bref, adepte-paléo + maladie de crohn = pas convaincue par cet article. Je continue mon régime.

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