Le régime crétois ne doit pas ses bienfaits à l’huile d’olive

Une étude du NEJM promeut l’huile d’olive et réfute une alimentation pauvre en graisses

Le 26 février 2013, vos amis et connaissances ont lu un article paru dans le New England Journal of Medicine qui indiquait que l’ajout d’huile d’olive et de noix dans leur alimentation habituelle réduisait leur risque de crise cardiaque de 30%. Cet article leur a également dit qu’une alimentation pauvre en graisses n’était d’aucune aide (encore). Les AVC étaient le seul problème pour lequel le régime crétois n’avait pas de réelle incidence. L’alimentation n’avait pas d’effet sur les crises cardiaques ni sur le taux de mortalité global. La popularité de ce message prouve encore que fois que “les gens adorent être confortés dans leurs mauvaises habitudes”.  Ils sont rassurés que le fait d’ajouter davantage d’huile d’olive et de noix améliorera leur santé, mais ils hésiteront à abandonner le brie et le bœuf Stroganoff.

L’article commence en disant “Le régime crétois traditionnel se caractérise par un apport important d’huile d’olive, de fruits, de noix, de légumes et de céréales; un apport modéré de poisson et de volaille; un apport faible de produits laitiers, de viande rouge, de viandes transformées et de confiseries; et du vin en modération, consommé avec le repas.” Bien entendu, cette alimentation est une amélioration par rapport aux repas habituels consommés aux États-Unis et en Europe, ce qui explique les bénéfices constatés. L’étude a duré cinq ans et a porté sur 7447 personnes, âgées de 55 à 80 ans, en Espagne.

Il n’y avait aucune raison de dire qu’une alimentation pauvre en graisse est un échec en se basant sur cette étude, car les participants du groupe “pauvre en graisses” n’a pas réellement changé leur alimentation. Dans le groupe “pauvre en graisses”, la consommation totale de graisses a baissé de manière non significative de 39 à 37%. Pourquoi aussi peu d’effort a été fourni pour apprendre puis tester une alimentation pauvre en graisses vraiment saine telle que celle du McDougall (dont 7% des calories sont des lipides), puis pour la comparer au régime crétois? Il n’y avait aucun intérêt financier à poursuivre ce but. L’intérêt manifeste était de vendre de l’huile d’olive et des noix. Deux sociétés ont fourni l’huile d’olive (Hojiblanca et Patrimonio Comunal Olivarero), tandis que les noix venaient d’un producteur de noix en Espagne (La Morella Nuts) et de la California Walnut Commission. De surcroît, une grande partie des auteurs ont d’importants liens financiers avec des entreprises agroalimentaires, des entreprises viticoles et d’autres groupes industriels.

Un inconvénient majeur du remplacement des graisses saturées (viandes et produits laitiers) par de l’huile d’olive et des noix est qu’il n’y a pas de perte de poids en passant d’un type de graisse à un autre: “La graisse que vous mangez est la graisse que vous portez.” Quand ce même groupe de chercheurs a publié ses précédentes conclusions en 2006, ils avaient constaté que leur groupe “huile d’olive » avait perdu moins de poids que le groupe “pauvre en graisses” (0,19kg) et que le groupe “noix” avait perdu à peu près autant (0,26kg) que le groupe “pauvre en graisses” en 3 mois.1 (Souvenez-vous qu’ils ne suivaient pas vraiment une alimentation pauvre en graisses.) Avec l’alimentation du McDougall, on obtient en une semaine une perte de masse corporelle moyenne cinq fois supérieure de 1,6kg et les participants sont encouragés à manger autant qu’ils le souhaitent, de style buffet.

Les effets provoquant l’obésité de toute cette huile d’olive sont également constatés dans les pays d’Europe du sud. Quand 54 femmes obèses dans un pays méditerranéen ont été étudiées, il s’avérait qu’elles suivaient une alimentation pauvre en glucides (35% des calories) et riche en graisses (43% des calories)… et que 55% du total de ces graisses provenaient de l’huile d’olive.2 Le surpoids et l’obésité préparent le terrain pour le diabète de type 2 et l’arthrite dégénérative des extrémités inférieures, ainsi que le cancer, les maladies cardiaques et l’AVC.

La consommation d’huile d’olive et de noix permet-elle vraiment de prévenir les maladies cardiaques?
Il est de notoriété publique que la consommation d’huile d’olive (graisses mono-insaturées) et de noix (graisses poly-insaturées) protègent contre les maladies cardiaques, mais il existe des preuves qui remettent en question ces bienfaits concrets:

  • Des angiographies en série des artères du cœur de personnes montrent que les trois types de graisses (graisses saturées (animales), mono-insaturées (huile d’olive) et poly-insaturées (huiles à oméga 3 et 6)) étaient associées à des hausses importantes de nouvelles lésions athéroscléreuses sur un an d’étude.3  Ce n’est qu’en réduisant globalement l’apport de graisses, y compris les huiles poly-insaturées et mono-insaturées, que les lésions ont cessé de s’étendre.
  • Les huiles poly-insaturées alimentaires, du type oméga 3 ainsi que du type oméga 6, sont incorporées dans les plaques athérosclereuses humaines, favorisant ainsi des lésions aux artères et la progression de l’athérosclérose.4
  • Une étude portant sur des singes verts d’Afrique a montré que lorsque des graisses saturées étaient remplacées par des graisses mono-insaturées (huile d’olive), l’huile d’olive n’a fourni aucune protection contre l’athérosclérose.5
  • L’un des facteurs de coagulation les plus importants prédisant le risque de crise cardiaque est un facteur VII élevé. Cinq des graisses testées sur cinq (huile de colza, huile d’olive, huile de tournesol, huile de palme et beurre) ont présenté des hausses similaires de triglycérides et du facteur de coagulation VII.6

L’explication la plus probable est que les bienfaits sur le cœur d’un régime crétois sont dus à au fait qu’il se rapproche d’un régime végétarien. Le régime crétois est une bonne alimentation malgré l’huile d’olive et les noix ajoutée.7

Le Dr McDougall croit que cette étude parue dans le New England Journal of Medicine montre des bienfaits, car les personnes appartenant au groupe du régime crétois ont réduit leur consommation de viande et de produits laitiers et ont augmenté leur consommation de féculents (céréales et légumineuses), de légumes et de fruits. L’inclusion d’huile d’olive et de noix n’était pas une “pilule magique” qui a épargné des bouchées de lard et d’œufs à leurs artères malades. Cependant, le lecteur devrait considérer les conclusions de cette étude comme importantes, car elles montrent que les gens peuvent changer leur alimentation quand ils y sont invités et que la suppression des aliments d’origine animale de leur alimentation est bénéfique. Mais recommander de rajouter de l’huile d’olive, des noix, des graines et du poisson n’est pas le message que les gens méritent d’entendre. Ils ont besoin de savoir qu’une alimentation réellement saine fournit aux gens la majorité des calories nécessaires grâce aux féculents traditionnels tels que le riz, le maïs et les pommes de terre. Le mercantilisme doit être exclus lorsqu’il question de vie ou de mort pour vous ou votre famille.

1) Estruch R, Martinez-Gonzalez MA, Corella D, Salas-Salvado J, Ruiz-Gutierrez V, Covas MI, Fiol M, Gomez-Gracia E, Lopez-Sabater MC, Vinyoles E, Aros F, Conde M, Lahoz C, Lapetra J, Saez G, Ros E.Effects of a Mediterranean-Style Diet on Cardiovascular Risk Factors: A Randomized Trial.  Ann Intern Med. 2006 Jul 4;145(1):1-11.
2) Calle-Pascual AL, Saavedra A, Benedi A, Martin-Alvarez PJ, Garcia-Honduvilla J, Calle JR, Marañes JP. Changes in nutritional pattern, insulin sensitivity and glucose tolerance during weight loss in obese patients from a Mediterranean area. Horm Metab Res. 1995 Nov;27(11):499-502.
3) Blankenhorn DH, Johnson RL, Mack WJ, el Zein HA, Vailas LI.  The influence of diet on the appearance of new lesions in human coronary arteries. JAMA. 1990 Mar 23-30;263(12):1646-52.
4) Felton CV, Crook D, Davies MJ, Oliver MF.  Dietary polyunsaturated fatty acids and composition of human aortic plaques. Lancet. 1994 Oct 29;344(8931):1195-6.
5)  Rudel LL, Parks JS, Sawyer JK.  Compared with dietary monounsaturated and saturated fat, polyunsaturated fat protects African green monkeys from coronary artery atherosclerosis. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 1995 Dec;15(12):2101-10.
6) Larsen LF, Bladbjerg EM, Jespersen J, Marckmann P. Effects of dietary fat quality and quantity on postprandial activation of blood coagulation factor VII. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 1997 Nov;17(11):2904-9.
7) Keys A. Mediterranean diet and public health: personal reflections.  Am J Clin Nutr. 1995 Jun;61(6 Suppl):1321S-1323S.

John A McDougall, MD, médecin-expert en nutrition,
fondateur du programme McDougall de Santa Rosa

Régimes crétois trompeurs: un nouveau regard sur les preuves

L’article paru récemment dans le New England Journal of Medicine portant sur les bienfaits d’un régime crétois et intitulé “Prévention primaire des maladies cardiovasculaires grâce au régime crétois” a été largement couvert d’éloges. Un titre plus approprié aurait été: “Promotion des maladies cardiovasculaires avec un régime crétois.”

Tous les trois groupes alimentaires avaient presque la même facilité à promouvoir la croissance et l’aspect clinique des maladies cardiovasculaires qui se manifestaient sous forme d’AVC, de crise cardiaque et de mort chez ceux qui n’avaient pas ces maladies au début de l’étude.

Cette étude espagnole, qui empire clairement les maladies cardiovasculaires, n’est pas la seule, car plus tôt ce mois-là le British Medical Journal a mis à jour l’étude cardiaque aléatoire de Sydney, confirmant que l’ajout d’huiles aggrave le pronostic pour les maladies cardiovasculaires.

En revanche, notre petite étude de nutrition basée sur les plantes a pris des patients ayant une maladie cardiovasculaire avancée établie et non seulement a stoppé la progression de la maladie, mais a également pu démontrer une régression de la maladie. Nous publierons prochainement une version plus développée confirmant nos conclusions initiales.

La confirmation finale épidémiologique du pouvoir de la nutrition basée sur les plantes pour prévenir les maladies cardiovasculaires est mieux démontrée dans l’étude en Chine du Dr T. Colin Campbell. Dans une province rurale en Chine, un examen portant sur 250 000 certificats médicaux de décès sur une période de trois ans, pas un seul décès n’était imputable aux maladies cardiovasculaires.

Nous avons atteint une croisée des chemins cruciale: promouvons-nous les maladies cardiovasculaires avec un régime crétois ou les éliminons-nous avec la nutrition basée sur les plantes?

Caldwell B. Esselstyn, Jr., M.D.
Directeur du programme de prévention et de traitement des maladies cardiovasculaires de l’institut de bien-être clinique de Cleveland.
Le 26 février 2013

Le débat à propos de la meilleur alimentation comporte une hypothèse erronée grave, à savoir, ce qu’est une alimentation pauvre en graisses. Presque tout le monde, professionnels tout comme les non-professionnels, pensent qu’une alimentation composée de 25 à 30% de lipides est ‘pauvre en graisses’ et toute alimentation en comportant moins est perçue comme “extrêmement” pauvre en graisses et ainsi rejetée. Les implications de cette réflexion ridicule sont énormes, égarant les consommateurs, les décideurs politiques et les médecins du monde entier, tout en accroissant les frais de soins pour les malades. En tant que chercheur expérimental et décideur depuis plus d’un demi-siècle, j’ai moi-même été témoin de ce phénomène.

Le mode alimentaire qui a la meilleur capacité à maintenir et à rétablir la santé, tout en prévenant et en faisant d’ailleurs reculer les maladies, se compose d’aliments basés sur les plantes entières, sans ajout d’huile ni de glucides raffinés. Il a été façonné sur des millions d’années par la nature et sa composition nutritionnelle se trouve être d’environ 10 à 12% de lipides, 10 à 12% de protides et 75 à 80% de glucides, tout en étant plein d’antioxydants favorables à la vie ainsi que des bonnes sortes et des bons rapports de lipides, protides et glucides. Les docteurs Esselstyn et Ornish ne se trompent pas. Ils ont montré que les maladies cardiovasculaires peuvent reculer grâce à cette alimentation. Nous avons également montré que les protéines, lorsqu’elles sont d’origine animale et consommées en excès de nos besoins (par ex. de 8 à 10%), active le cancer et stimule les procédés qui mènent au cancer et à d’autres maladies graves. Rien dans la pratique médicale n’arrive à la cheville de ces bienfaits.

T. Colin Campbell, auteur de l’étude Campbell

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Un commentaire pour Le régime crétois ne doit pas ses bienfaits à l’huile d’olive

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