Manger moins pour… risquer de mourir jeune

Manger moins pour viser la longévité est une croyance en vogue. Les chiffres dans cet article de vulgarisation montrent pourtant que manger moins à long terme augmente le taux de mortalité.

En citant le régime crétois ou okinawais, certaines personnes se lancent à corps perdu dans l’expérience de restriction calorique, espérant allonger leur espérance de vie. Mais ces alimentations historiques n’étaient pas du tout ce que le grand public s’imagine.

Quand les gens commencent à manger de petits repas gras, la nourriture peut ainsi vite devenir à la fois un objet de désir et de haine. C’est un scénario parmi d’autres menant aux TCA. Voyons maintenant à quel point la sous-alimentation fait des victimes.

Le taux de mortalité associé à l’anorexie mentale est 12 fois plus élevé que le taux de mortalité de TOUTES les causes de décès chez les femmes de 15 à 24 ans.

Effrayant, c’est-ce pas ? Cette statistique vient de l’Association étasunienne de l’anorexie mentale et des troubles associés (ANAD), qui indique également que :

• 5 à 10 % des personnes meurent dans les 10 ans après être devenues anorexiques, et 18 à 20 % des anorexiques meurent dans les 20 ans.

• L’anorexie mentale a le taux de mortalité le plus élevé de toutes les maladies psychiatriques (y compris la dépression majeure).

• Sans traitement, jusqu’à 20 % des personnes souffrant de graves troubles alimentaires meurent. Avec un traitement, le taux de mortalité tombe à 2 ou 3 %.

D’ailleurs une méta-analyse (Arcelus, Mitchel, Wales & Nelson, 2011) de 36 études a examiné le taux de mortalité chez les patients souffrant d’anorexie mentale et d’autres troubles alimentaires. Cette étude portant sur près de 50 ans de recherche confirme que le taux de mortalité le plus élevé de tous les troubles mentaux est celui de l’anorexie. L’anorexie mentale est un trouble qui met la vie en danger en raison des effets de la perte de poids et de la famine sur le corps et le cerveau.

La situation est encore plus compliquée en cas de comportements de purge, notamment des vomissements provoqués, l’abus de laxatifs, de diurétiques, de pilules amaigrissantes, de coupe-faim ou d’autres stimulants. Parfois, les personnes se purgent même en faisant un exercice excessif.

Le risque de chaque patient doit être évalué individuellement. Leur risque est fonction de l’ampleur de leur restriction alimentaire et de l’ampleur et de la combinaison de leurs comportements de purge. D’autres diagnostics médicaux sous-jacents peuvent également compliquer et augmenter les risques de complications et de décès.

Cette fascination pour l’inédie fait des victimes. L’inédie (parfois appelée respirianisme ou pranisme) désigne l’abstention totale de nourriture et de boisson, fondée sur la croyance qu’une personne pourrait vivre sans se nourrir (voire sans boire) pendant plusieurs semaines, mois ou années. Comment font ces personnes qui prétendent vivre sans manger ? Elles mangent en cachette ! Ne me demandez pas pourquoi ces gens mentent, suivez plutôt l’argent. Nous avons un système digestif, qui a besoin d’être alimenté correctement, c’est pourtant simple. Parlons de ce que risquent les anorexiques en détail.

Effets de la sous-nutrition sur l’organisme

Outre le risque d’insuffisance cardiaque avec syndrome de réalimentation, une perte de poids importante entraîne d’autres effets négatifs sur le cœur. Le muscle cardiaque devient plus petit, la valvule mitrale peut faire un prolapsus, le rythme cardiaque ralentit et la pression artérielle diminue.

Un liquide peut s’accumuler dans le sac qui entoure le muscle cardiaque, ce que l’on appelle une péricardite. Des rythmes cardiaques irréguliers, appelés arythmies, peuvent également se produire et peuvent même entraîner une mort subite.

Tous les systèmes du corps humain sont touchés par la famine. Les effets sur le système endocrinien en sont souvent la conséquence :
• Perte des menstruations chez les femmes
• Infertilité
• Glycémie dangereusement basse
• Perte osseuse

La perte osseuse, diagnostiquée comme ostéopénie ou ostéoporose selon la gravité, augmente le risque de fractures. Le métabolisme ralentit, ainsi que la production d’énergie et de chaleur corporelle, et la croissance est arrêtée.

Le système digestif connaît un ralentissement des muscles gastro-intestinaux, un retard de la vidange gastrique, de la constipation, une altération du temps de transit colique et une possible hépatite. Il peut y avoir davantage de complications si des comportements de purge se produisent.

La purge par vomissement peut provoquer l’érosion de l’émail des dents et la destruction du tissu œsophagien, avec des déchirures et des saignements possibles. Elle peut même provoquer une rupture de l’œsophage ou des modifications de la paroi des tissus qui augmentent le risque de cancer de l’œsophage (appelé œsophage de Barretts). La purge par abus de laxatifs peut entraîner la destruction des muscles du côlon.

Le système pulmonaire connaît une atrophie musculaire et une diminution de la capacité pulmonaire avec la famine. Une diminution de la production de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes se produit. Le cerveau diminue également de taille (atrophie cérébrale) avec des troubles cognitifs, une neuropathie périphérique et d’éventuelles crises d’épilepsie.

La fonction rénale est altérée par la déshydratation, mais aussi par une consommation excessive d’eau. Il se produit une fonte musculaire générale du corps. La peau devient sèche et la couleur de la peau change. La perte de cheveux sur la tête peut se produire tandis que les cheveux de lanugo (le poil fin et duveteux d’un nouveau-né) peuvent revenir sur le corps (Mehler, 2014).

Manger moins ? Non, manger mieux et manger assez !

Sources :

Article de vulgarisation :

Anorexia Nervosa – Highest Mortality Rate of Any Mental Disorder: Why?

Mirasol – How Many People Have Eating Disorders?

Études scientifiques :

  1. Arcelus, J., Mitchell, A. J., Wales, J., & Nielsen, S. (2011). Mortality rates in patients with Anorexia Nervosa and other eating disorders. Archives of General Psychiatry, 68(7), 724-731.
  2. Mehler, P (2014). Anorexia nervosa in adults and adolescents: Medical complications and their management. In T.W. Post (Ed.), UpToDate. Waltham, MA. (Accessed on December 30, 2014)
  3. Mehler, P.S., & Andersen, A.E. (1999). Eating Disorders: A Guide to Medical Care and Complications. Baltimore, MD: The Johns Hopkins University Press.
  4. Steinhausen, H.C. (2002). The outcome of anorexia nervosa in the 20th century. American Journal of Psychiatry, 159(8), 1284-1293.
  5. Sullivan, P.F. (1995). Mortality in Anorexia Nervosa. American Journal of Psychiatry, 152(7),1073.

A propos doucefrugalite

Créatrice du site DouceFrugalite.com et coach en mode de vie sain avec une alimentation végétalienne HCLF
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