L’histoire du soja

Traduit de l’article de James O’Donovan. Cet article se base sur les rapports et les sites web mentionnés ici. Production mondiale de soja En 2016, la production mondiale de fèves de soja s’élevait de 324 millions de tonnes sur 1,2 million de km², une hausse de 5 % par rapport à 2014 et plus de trois fois la taille de l’Allemagne. Les États-Unis, le Brésil et l’Argentine sont les plus grands producteurs de soja du monde et représentent plus de 80 % de la production mondiale de soja. Plus de la moitié des surfaces agricoles d’Argentine sont actuellement utilisées pour la culture du soja, et 80 % du Paraguay, un producteur de soja relativement nouveau. Cela réduit la nourriture disponible pour les autochtones dans l’intérêt des cultures commerciales pour la consommation de viande de l’UE et de la Chine. Les fèves de soja sont l’oléagineux dominant sur les marchés mondiaux, avec une proportion projetée de 60 % de la production mondiale d’oléagineux en 2014/2015. En 2014, 90,7 millions d’hectares de soja GM ont été plantés dans le monde entier, 82 % de la superficie de culture de soja totale.
Récolte de soja en masse sur une exploitation agricole à Campo Verde, Mato Grosso, au Brésil. Photo : Alf Ribeiro.
La Chine est de loin le plus grand importateur de fèves de soja (61 % des importations totales, soit 55 millions de tonnes sur 210 000 km²) et il est prévu que le pays accroisse ses importations de soja de 5 % par an en augmentant de 50 % d’ici 2020/2021 pour atteindre 110 millions de tonnes métriques d’importations de soja. D’ici 2016, les importations européennes ont augmenté jusqu’à 46,8 millions de tonnes de soja et de produits de soja, dont 27,8 millions de tonnes provenaient d’Amérique Latine et le restant des États-Unis. En supposant que la récolte mondiale moyenne est de 2,6 tonnes/hectare, cela représente 390 000 km² de terres allouées au soja pour la viande chinoise et européenne provenant de pays où les gens souffrent souvent de malnutrition. De nombreuses personnes croient à tort que le soja est mangé par les végétaliens et les végétariens, mais les mangeurs de viande consomment en réalité 85 % du soja de façon plutôt indirecte sous forme de viande, mais également sous forme d’ingrédient dans des aliments transformés et sous forme d’huile de cuisson. Le schéma ci-dessous résume les utilisations mondiales des fèves de soja.
En 2016, 1,2 million de km² de forêt, de savane et de prairie ont été convertis en  monocultures de soja.
Déforestation dans le Cerrado WWF
La farine de soja est utilisée principalement pour la volaille et le porc, mais également pour le bœuf, les exploitations laitières et le poisson d’élevage. Elle est généralement mélangée avec du maïs, de l’orge et d’autres céréales. D’après l’Association internationale d’alimentation animale (IFIF), à l’échelle mondiale en 2016 environ 1,3 milliard de tonnes de céréales fourragères, 242 millions de tonnes de farine de soja et environ 160 millions de tonnes d’autres farines d’oléagineux ont été utilisées pour nourrir les animaux d’élevage. De plus, un nombre stupéfiant de 2,3 milliards de tonnes d’herbe et de luzerne et 1,1 milliard de tonnes d’autres cultures (légumineuses, navets, chou frisé, etc.) ainsi que de tiges et de feuilles (les restes des grandes cultures) sont consommés par des animaux d’élevage. Mais avec tous ces intrants, l’agriculture animale internationale a produit seulement 310 millions de tonnes de viande (2016), 789 millions de tonnes de lait (2014) et 70 millions de tonnes d’œufs (2014). Si l’on songe seulement aux calories perdues des céréales et des fèves de soja, l’agriculture animale arrive à convertir assez d’aliments sains pour 7,5 milliards d’humains en assez d’aliments malsains pour 1,5 milliard d’humains en nourrissant d’abord les animaux d’élevage avec.
93 % des importations de soja vers l’Europe sont utilisées pour nourrir les animaux d’élevage et le restant est utilisé pour le biodiésel.
Pertes de biodiversité et d’habitat dues à la production de soja En 2016, les États-Unis, le Brésil, l’Argentine et le Paraguay ont produit 85 % du soja du monde. La culture du soja implique souvent d’expulser les peuples indigènes et de détruire de grandes surfaces d’habitat naturel, pleines de biodiversité, pour laisser place à d’immenses terres agricoles. Dans tous ces pays, la culture du soja se déroule au détriment des peuples indigènes, des prairies naturelles et des forêts. La biodiversité est en déclin dans les régions tropicales. D’après l’indice de la planète vivante (LPI) de la WWF, les populations d’espèces dans les régions tropicales ont chuté de 60 % en moyenne depuis 1970. Aux États-Unis entre 2006 et 2008, la surface sur laquelle le maïs et le soja étaient récoltés a augmenté de plus de 3,2 million d’hectares ; et près d’un tiers de cette hausse provenait de la conversion de terres dominées par de l’herbe. En Amérique du Sud, entre 2001 et 2010, en moyenne environ quatre millions d’hectares de forêts sont détruits chaque année (400 000 km²), principalement pour la production de soja et de bœuf. Cela a affecté tout un éventail d’écosystèmes tels que la forêt tropicale amazonienne, le Cerrado, la forêt atlantique, le Gran Chaco et le Chinquitano au Brésil, en Argentine, au Paraguay et en Bolivie, en passant d’écosystèmes indigènes divers en monocultures de soja. Vous pouvez lire une description détaillée de l’impact sur ces précieux biomes dans ce rapport de Vegan Sustainability.
WWF 2014
L’impact humain de la production de soja Avec la perte de biodiversité et d’écosystèmes naturels, la production de soja cause un certain nombre d’autres problèmes environnementaux et sociaux. L’Amazone et le Cerrado brésiliens combinés sont les lieux de vie de quelque 60 millions de personnes indigènes depuis plus de quatre siècles.
Défrichement extensif et feux à Fazenda São José à São Desidério au Brésil. Jim Wickens, Ecostorm
Le défrichement de nouvelles terres agricoles pour la culture de soja a souvent conduit à des conflits violents, parfois fatals, avec les communautés locales et les peuples indigènes.  Une étude dans la région de Chaco en Argentine a documenté 224 conflits territoriaux, incluant un certain nombre concernant le soja, affectant 127 886 personnes sur plus de 2,7 millions d’hectares : un quart des familles ont été expulsées.
Au Brésil, la culture du soja déplace 11 travailleurs agricoles pour chaque personne qui trouve un emploi dans le secteur. Dans les années 1970, la production de soja a déplacé 2,5 millions de personnes dans l’État de Paraná et 0,3 millions dans l’État de Rio Grande do Sul. Un grand nombre de ces personnes sont allés en Amazone où elles ont déboisé des forêts vierges (Fearnside 2000). Quand les plantations empiètent sur des réserves naturelles, ou des réserves pour des peuples indigènes, les autochtones ont du mal à défendre leurs droits, qu’ils aient ou non des documents officiels de propriété foncière. La falsification de contrats de propriété, parfois avec la complicité des autorités locales, est une pratique courante pour « voler » des terres à des fins agricoles. L’expansion des terres agricoles et de pâturages menace 650 000 Indiens du Brésil dans plus de 200 tribus, d’après Survival International. Les ONG ont documenté des cas d’expropriation, de mauvaise utilisation de pesticides et, au Paraguay, une répression violente des revendications territoriales liées au soja. Greenpeace a documenté l’utilisation d’esclaves dans des fermes de soja dans la région amazonienne, avec des domaines malhonnêtes qui attirent des travailleurs et confisquait leurs papiers et les forcent à travailler. Le gouvernement brésilien garde une « liste noire » d’exploitations agricoles condamnées : en 2004, par exemple, il est intervenu dans 236 cas d’esclavage dans des exploitations agricoles de soja impliquant plus de 6 000 ouvriers parmi lesquels 127 enfants. La monoculture de soja est une culture intensive utilisant de grandes quantités d’énergie, d’eau, d’herbicides et de pesticides. Vous pourrez en apprendre davantage sur les effets de la culture de soja tels que l’érosion du sol, la pollution de l’eau, l’utilisation des pesticides et des herbicides, les conflits sociaux, le changement climatique et même l’esclavage en lisant ce rapport de Vegan Sustainability. Comment arrêter et remédier aux dommages de la production de soja ? Le soja a seulement un potentiel limité pour les augmentations du rendement, en partie du fait de sa nature de fixateur d’azote biologique, qui le rend très insensible aux engrais ; entre 1995 et 2011 les rendements totaux des fèves de soja ont augmenté de seulement 1 % dans les pays producteurs majeurs. Donc tout hausse dans la consommation entraînera une extension des surfaces cultivées servant à cultiver du soja. La WWF estime une hausse atteignant 200 millions d’hectares d’ici 2050. Si l’on considère la productivité mondiale moyenne, cela nécessiterait une surface colossale de deux millions de km².
© WWF
Environ 75 % du soja du monde entier, et 93 % du soja importé vers l’Europe, sont utilisés pour nourrir les animaux. Entre 1967 et 2007, la production de porc a augmenté de 294 %, la production d’œuf de 353 % et la production de volaille de 711 % (FAO, 2011), tandis que la consommation de bœuf par personne est restée relativement stable. Le schéma ci-dessous montre la croissance explosive de la consommation de volaille et de porc de 1961 à 2013. La moyenne mondiale qui était de 10 kg de porc et de volaille par personne par an par personne est passée à 30 kg alors que la population a augmenté de 4 à 7,5 milliards, la production de porc et de volaille est passée de 40 à 225 millions de tonnes de viande par an. À l’échelle mondiale, la capture de poissons sauvages continue de décliner, tandis que l’aquaculture, en particulier en Asie, est devenu un autre utilisateur de soja.
Le génocide écologique et la perturbation sociale massive causés par la production de soja sont motivés par la violence de notre système alimentaire actuel, qui se base sur les secteurs de l’agriculture animale et de l’aquaculture. La seule manière de rétablir ces précieux écosystèmes, qui stabilisent le système climatique et maintiennent les cycles hydrologiques et d’autres cycles de vie vitaux dans une relation symbiotique avec les peuples indigènes de ces régions est d’opérer une transition vers un système alimentaire à base de plantes. Éduquez-vous concernant cette transition avec vos amis, votre famille et votre communauté locale en lisant le rapport complet ici.
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