Vaincre la dépression et l’anxiété grâce à la science

Nos habitudes de boisson peuvent résulter en des changements de comportement spectaculaires, des exemples familiers étant les effets de l’alcool et de la caféine. L’alcool est un dépresseur, bien que les premiers signes d’intoxication puissent être une hausse de l’humeur. La caféine est pour la plupart des gens un élévateur d’humeur, mais cela peut rapidement mener à une anxiété désagréable.

Le sevrage de la caféine peut être un problème, caractérisé par des maux de tête et une dépression pour ceux qui tentent d’arrêter d’en consommer. Bien que les symptômes incommodants durent seulement quelques jours, leurs victimes se considèrent comme mises à rude épreuve (et, hélas, ne triomphent pas toujours héroïquement).

Cependant, bien d’autres substances telles que nos aliments peuvent affecter notre tendance à être anxieux ou déprimé. Le meilleur exemple étudié d’une substance « modifiant le comportement » spécifique dans nos aliments est probablement l’acide aminé essentiel tryptophane. Cet acide aminé est converti dans le cerveau en sérotonine, un agent puissant dans toute une variété de réponses du cerveau. La sérotonine régule la sur-réactivité aux différents stimuli provenant de l’odorat, du goût, de la vision et des relations sociales. Par conséquent, les habitudes de sommeil, le comportement sexuel, l’agressivité, l’activité physique, les perceptions (y compris la douleur) et l’humeur sont affectés. Des pilules de tryptophane ont été utilisées pour enrayer l’insomnie, prévenir les spasmes musculaires et dans certains cas pour soulager la dépression.

La quantité de tryptophane dans les aliments consommés a seulement une petite influence sur la quantité de tryptophane qui entre dans le cerveau. Le facteur le plus important qui détermine la quantité totale de tryptophane qui entre dans le cerveau est la concentration des autres grandes molécules d’acides aminés présentes simultanément dans le sang. Les grandes molécules d’acides aminés, dont le tryptophane, entrent en concurrence l’une avec l’autre pour franchir les « portes » entre la circulation sanguine et les fluides cérébraux relativement confinés. Un repas riche en protéines (plein de viandes, de produits laitiers et d’œufs) fournit de nombreux autres acides aminés qui sont en compétition avec le tryptophane pour entrer dans le cerveau, ce qui résulte au final en moins de tryptophane qui pénètre dans le cerveau et une diminution de la synthèse de sérotonine. Inversement, une alimentation riche en glucides et pauvre en protéines (plein de féculents, de légumes et de fruits) résulte en les niveaux les plus élevés de sérotonine dans le cerveau, car moins de grandes molécules d’acides aminés entrent en concurrence avec le tryptophane pour entrer dans le cerveau. Pour vous, cela signifie moins d’hyperactivité, d’anxiété, de dépression et d’insomnie, pourvu que vous ayez une alimentation plus saine.

Chez certaines personnes, l’anxiété, la dépression et la fatigue sont causées par des réactions allergiques à certains aliments. Les causes les plus courantes d’allergies alimentaires sont les produits laitiers, suivis par les œufs. D’autres coupables courants sont le blé, le maïs et les agrumes, mais pour presque tous les aliments que consomment les humains on trouve quelque part un individu qui y est allergique. Ces réactions sont souvent subtiles et difficiles à reconnaître tant que l’aliment fautif n’a pas été éliminé, soit accidentellement soit intentionnellement, puis, par la suite, lorsque l’organisme est confronté à l’aliment suspect, une réaction identifiable se produit.

Une maladie psychologique grave due à certains aliments chez certaines personnes est la schizophrénie. Dans des études en milieu hospitalier, certains patients ont été identifiés comme réagissant aux produits laitiers et aux aliments riches en gluten (tels que le blé, l’orge et le seigle) par des changements comportementaux spectaculaires. Certaines personnes souffrant de schizophrénie ont d’ailleurs guéri de leur maladie en changeant leur alimentation, afin d’éliminer l’aliment problématique.

Quand le Dr McDougall voit un patient qui affirme être déprimé, il débute habituellement son traitement en accordant une attention particulière à certains principes généraux de la médecine et de la santé. Tout d’abord, bien entendu, il l’examine pour vérifier si le patient a une maladie organique grave et il s’assure toujours que la fonction thyroïdienne est adéquate. Il prend en compte la quantité de café, d’alcool que le patient boit, ainsi que les aliments que le patient choisit de manger. Il vérifie également si d’éventuels médicaments peuvent causer des changements dans l’humeur chez le patient. Des médicaments pour l’hypertension (bêta-bloquants), des pilules contraceptives, des calmants, et d’ailleurs presque tous les autres médicaments doivent être soupçonnés.

Si tous les systèmes d’organes semblent être en bon état médicalement, il suggère ensuite au patient d’adopter une alimentation basée sur les féculents, et il lui rappelle que l’exercice physique quotidien, avec quelque chose d’aussi simple que la marche, aide à soulager une dépression et une anxiété mineures.

Recommandations du Dr McDougall

Cesser de prendre tous médicaments (sous la supervision d’un médecin) pouvant causer l’anxiété ou la dépression. Cesser de boire de l’alcool (ce qui nécessite parfois la supervision d’un médecin) et les boissons caféinées. Adopter une alimentation basée sur les féculents. Faire de l’exercice physique tous les jours. Consulter un professionnel (pasteur, conseiller, psychologue, psychiatre) qui a de bonnes facultés d’écoute, avec qui discuter de vos problèmes. Seulement en dernier recours, envisager de prendre des médicaments psychoactifs prescrits par un médecin.

Références

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Dohan, F. Schizophrenia and neuroactive peptides from food (letter). Lancet 1:1031, 1979

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Gelenberg, A. Tyrosine for the treatment of depression. Am J Psychiatry 137:622, 1980

Lieberman, H. The effects of dietary neurotransmitter precursors on human behavior. Am J Clin Nutr 42:366, 1985

Wurtman, J. Behavioural effects of nutrients. Lancet 1:1145, 1983

Glaeser, B. Changes in brain levels of acidic, basic, and neutral amino acids after consumption of single meals containing various proportions of protein. J Neurochem 41:1016, 1983

Phillips, F. Isocaloric diet changes and electroencephalographic sleep. Lancet 2:723, 1975

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